• Paul, 15 ans, juif à la deuxième guerre mondiale -Chapitre 4-

    #Après leurs joyeuses retrouvailles, Paul et Pauline assistent à une dispute entre une mère et sa fille. Ils comprennent que finalement, les adultes sont parfois moins intelligents que les enfants.#

    #26 juillet 1940, 11h30#

    Pendant les quelques heures qui séparaient nos retrouvailles à maintenant, Pauline et moi déjeunions rapidement et s'installions, côte à côte, sur mon lit. Je caressais sa main, comme elle l'aimait. Elle me souris.

    - Euh... Tu sais, j'ai peur pour vous. Car, quand j'ai vu l'entrepôt hier soir, je n'ai pas regarder si des gens me voyaient. Donc, peut-être que certaines personnes dans le lotissement m'ont aperçu...

    - Oh... J'espère que non... Mais, si c'est le cas, profitons de l'instant.

    Des bruits matinaux se firent entendre dans le lotissement : des cris d'enfants qui jouent dehors, des adultes discutant dans le jardin d'un d'entre eux. Le beau temps permit à tout le monde de s’aérer. Sauf nous... Mais ce n'est pas grave, les retrouvailles entre Pauline et moi même éblouissaient mon cœur.

    La journée se passa, heureuse malgré quelques frayeurs à cause d'enfants curieux qui viennent frapper sur l'immense porte métallique de l'entrepôt. Heureusement, les parents leur interdisaient d'entrer dans l'entrepôt pour ne pas les perdre de vue. Je proposai à Pauline de monter dans le grenier pour regarder discrètement l'extérieur. Lorsque nous montions, nous nous arrêtions un instant dans l'appartement pour saluer Johanna, Karine, Philippe et Jean.

    - Salut ! leur disais-je.

    - Bonjour les amoureux ! rigola Karine, un regard attendrissant posé sur nous.

    - Bonjour Paul ! Cette adorable Pauline va t'aider à te sentir mieux ici, n'est-ce pas ? me demanda Philippe, en insistant sur le mot "adorable".

    La taquinerie de Philippe me fit sourire. Sa petite taille (il fait tout de même ma taille !) et sa taquinerie donnaient un drôle sentiment de bien-être quand on se trouve à ses côtés.

    - Oui, c'est vrai ! répondis-je, est-ce que je peux entre-ouvrir la fenêtre du grenier ?

    - Bien sûr ! Mais pas en grand, il ne faut pas que les gens voient que la fenêtre est ouverte.

    Johanna et Jean nous souriaient en nous saluant rapidement. Philippe nous expliqua que chaque jour, deux d'entre eux guettaient le moindre mouvement dehors. La nuit, c'étaient les deux autres qui guettent. Cela expliqua leur grande concentration.

    Nous montions dans le grenier et nous installions sur des chaises devant la fenêtre.

    Lorsque je me levais en faisant bien attention de ne pas me faire voir, je vis une petite fille attendre devant un jardin vide et complètement dévasté, le visage détruit.

    - Regarde, chuchotais-je à Pauline en regardant encore plus attentivement la petite fille.

    Je glissais mon oreille dans la petite ouverture de la fenêtre et écouta avec attention ce qui se passait en regardant en même temps. Pauline regarda elle aussi la fillette.

    Les bruits divers brouillèrent pendant quelques minutes mon écoute mais un léger vent incita les parents et enfants à rentrer. Au bout d'une trentaine de secondes, il ne resta plus que la fillette qui n'avait pas bougé et surement sa mère dans leur jardin qui rangeait les tasses de café qu'elle et ses amies avaient utilisé.

    - Lucie, viens ! cria cette dernière à sa fille.

    Rien ne se passa. J'aperçus enfin les larmes de la petite. Elle ne bougea pas pour les essuyer, elle laissa couler ses larmes. 

    - Bon ! Tu viens ?! lui cria à nouveau sa mère.

    Comme la petite Lucie ne répondit toujours pas, la mère ouvrit le portail de jardin et se dirigea vers sa fille. Lorsqu'elle posa sa main sur l'épaule de Lucie, celle-ci tourna le visage vers sa mère. Dans ses yeux, on pouvait lire une immense tristesse. Ses joues et ses yeux bouffies et rouges rendaient son visage si triste que mes yeux s'emplirent de quelques larmes. Soudain, la fillette hurla : 

    - ELLE EST OUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU ?!!

    Pauline, moi et la mère de Lucie sursautèrent en cœur. 

    Lucie pleurait désormais très bruyamment, elle s'était même laisser tomber au sol. Les cailloux qui pourtant devait lui faire terriblement souffrir ne l'a dérangeait pas. Elle pleurait, les deux mains sur les yeux. Sa mère s'accroupit devant elle et lui fit un câlin. Elle leva le menton de Lucie :

    - Marine était juive ! Tu sais très bien que les juifs sont idiots, nuls et ce sont des personnes malhonnêtes. Les Allemands l'ont emmené dans un camp spécial pour les gens comme elle. Alors, arrête de pleurer.

    Elle dit cette dernière phrase avec plus de douceur que les précédentes.

    - Mais c'était ma meilleure amie ! Les juifs, ils ont rien voulu ! D'un coup, y'a des méchants hommes avec des armes qui prennent Marine ! 

    Et après s'être dégagé des bras de sa mère, elle ajouta :

    - De toute façon, t'es comme eux : tu es une méchante !

    Et elle s'enfuit en courant. Sa mère lui cria de revenir mais voyant qu'elle n'obéissait pas, elle lui couru après. Puis un silence de mort suivit cette discussion quelque peu mouvementée.

    - Waouh... chuchota Pauline.

    - Ouai, wouah...


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